• [18 février 2010]

     

    Tous les beiges, tous les gris,

     Tous les verts. Du blanc, des ocres.

     Du lisse et du granuleux.

     Du brillant, du mat,

     Du lumineux et du terne ;

     Du chaud et du frais,

     Sec et humide, doux et salé.

    Roches feuilletées scalpées par le gel.

     Algues peignées, effluves de varech.

     Bruit prégnant du flux.

     Un petit ballon délavé

     Déposé par l’eau sur le sable

     Comme une évidence :

     L’ordre calme des choses.

      

     


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  • Ami croqueurs, j'aime bien les listes. C'est facile. Quand je manque d'inspiration, je vais à Cadet. C'est la première vraie plage sur la rive droite en descendant l'estuaire. Elle est très belle, petite, sauvage; il faut la trouver et y descendre par 160 marches.
    J'y suis allée hier, mais voici d'abord la 1, écrite le 14 Septembre 2009.

     
    Des coquilles d'huîtres
    Un paquet de goémon
    Une feuille de platane brunie
    Une méduse retournée
    -filaments en étoile de mer
    Un bouquet d'algues vertes
    Une laminaire avec son pied
    Un feuille verte charnue
    Deux méduses échouées
    Un éboulis, des troncs flottés
    Un gros caillou
    Et des petits
    Des traces de pas
    Un petit éclat de tuile poli par l'eau
    Un crabe crevé
    De l'écume de mer
    Un monsieur et son petit chien
    L'ombre de la falaise sur le sable humide.

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  • Mot de tête n° 23 voir le sujet chez Brunô

      Qu’est-ce qui sent mauvais comme ça, parmi les miettes de chocolatines abondamment tombées des bouches des huit gamins Trocmolle, pendant que leur mère, comme chaque Dimanche après la messe, hésite entre une tarte aux prunes, un Paris-Brest, un fraisier, ou alors pour changer des gâteaux individuels… ?

     (Cui Cui) – non, en fait je traduis le parler merle en simultané – Comme d’habitude j’ai quitté mon perchoir, un tilleul de la place du marché d’où je domine l’étal de la boulangère, dès que les vibrations du onzième coup de cloche de l’église en face se sont atténuées, pour me poser sous les tréteaux et becqueter le plus possible de miettes avant que n’arrive la horde des moineaux.

      Mais qu’est-ce qui sent mauvais comme –  je vois, c’est le chien de la petite vieille aux cheveux courts. Elle tire de toutes ses forces sur la laisse de cet affreux roquet, pendant qu’il fait sa crotte, pour passer vite fait devant les trois clients qui bavardent en attendant leur tour. Ah ! Bien fait ! Ce monsieur guindé vient de lui marcher sur la queue en hésitant entre un bâtard et une miche…

     Flûte, les moineaux. Je m’envole !

     

     


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  • A Brunô, et tous les amis Croqueurs, j'offre ce Jeudi un poème de Michel Leiris tiré du recueil "Ondes".

    Marin


    Il faudrait pouvoir bâtir un château
    avec le sable qui vous glisse entre les doigts,
    la quasi impondérable écume
    et la lumière qui pénètre insidieusement votre peau.


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  • Distique pour un Mercredi des cendres.

    Ces amours de Dimanche n'étaient que feu de paille?
    Il nous faut aujourd'hui en balayer les cendres...


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  • Certains appellent ça monostiche. Je préfère Ver solitaire:

    Nage lente des poissons rouges sous l'épais couvercle de glace.


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  •  

    A la St. Valentin les oiseaux vont en couples :

    Les rouges-gorges et les mésanges,

    Les pinsons et les roitelets,

    Accenteurs mouchets et moineaux,

    Les tourterelles et les pigeons.

    Mais de son pas de gentilhomme

    Le faisan va tout seul.

    (Je les observe par la fenêtre)

     


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  •  

    Certains regards pénètrent loin et interrogent

    Des voix impactent et secouent comme un punching-ball

    Quand la vie par en vrac

    Le trapèze des mots tend son perchoir mouvant 

    S’y accrocher, reprendre élan, oser le vide

    La seule trace laissée est trace d’écriture

    Avant que ne l’efface la vague de l’oubli.

     

     


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  • Déjà Jeudi! Je dois farfouiller dans des vieilleries pour honorer le rendez-vous.Il y avait des mots imposés que j'ai soulignés. Bises, croqueurs.

    J’ai mis des mots dans mon kaléidoscope.

    Je l’ai fait tourner,

    J’ai vu des textes flamboyants,

    J’ai entendu des accents d’outre-ciel ;

    Je l’ai tourné jusqu’à plus soif,

    Et les accents se sont tressés :

    J’ai entendu le chant du monde.


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  • Je ne suis pas ce que je suis :

    Juste un mot dit, un geste fait

    Et toc on met une étiquette.

     

    Je ne sais pas ce que je suis,

    Par tant de non-dits traversée,

    Des images qui se projettent.

     

    Je crois sentir ce que je suis,

    Intuitions et doutes mêlés,

    Quelque chose au fond me reflète.


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