• J'ai aimé la subtilité avec laquelle l’évolution des sentiments de chacun est dépeinte, le changement des personnalités, jusqu’au comportement de l’amie et confidente tout à la fin. Discrétion, élégance des décors y répondent: intérieurs et costumes de goût, riches mais sobres ; superbes jardins et bois à la présence forte et bienveillante, nous rappellent que les humains  sont peu de chose. La musique m’a enchantée à l’unisson.  

    Les acteurs jouent juste, sans emphase, dans la belle langue de Diderot.

    Si ce beau film ne m’a pas enthousiasmée, il me réjouit encore, et me donne à penser à la noblesse des sentiments.

    J’aimais déjà le metteur en scène Emmanuel Mouret. Il est ici un maître. 


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    Un film grave et poignant, beau comme la folie, beau comme le désespoir dont la poésie nous sauve, un film qui honore ceux qui vont de travers, les perdants, les trop sensibles, les incompris ; un film poétique qui m'a dit : tu as droit d’être bizarre. Osons l'art, qui est poésie. Du plus obscur au plus célèbre, c’est la même famille.

    Comme ce film m’a fait du bien !

    Un film d'Erik Lieshout, Reinier van Brummelen et Arno Hagers

     avec

    Iggy Pop Michel Houellebecq Anne Claire Bourdin Jérôme Tessier  Robert Combas

     


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  • Un verre d’un vert profond d’abysses

    Reflets d’huîtres nourries de navicules bleues

    Je l’ai humé, ai-je rêvé ?

    J’ai cru sentir un parfum d’iode et de maremmes.

     

    https://www.lucileviaud.com/


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  • J’aime beaucoup Victor Segalen, sa personnalité complexe, sa sensibilité profonde. Je suis en train de le relire, par périodes, et ma connaissance de ce grand poète vient d’être enrichie grâce à deux très beaux livres : « Le désir ultramarin » de Michel Onfray, paru récemment, qui livre ses pensées sur Segalen en Polynésie, et « L’un vers l’autre » de François Cheng qui rencontre le poète allé vers la Chine quand lui-même l’a quittée pour la France. De belles nourritures.


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  • J'ai vu au cinéma le magnifique "Rembrandt fecit 1669". Un film tourné dans la pénombre des intérieurs hollandais de l'époque éclairés à la bougie. Un film lent et mutique, qui prend le temps de suggérer des détails dont on ne sait s'ils sont vus par l’œil du peintre ou s'il proviennent d'un tableau, et cette confusion nous place presque dans la peau de Rembrandt. Beaucoup de spectateurs n'ont pas aimé, à cause de cette lenteur; sans doute aussi parce que peu d’œuvres y sont montrées. Il fallait en connaître en minimum, et ses autoportraits, pour repérer les détails évocateurs, et apprécier ce film à sa juste valeur.

    Le hasard m'a fait commencer au même moment la lecture du délicieux "Éloge de l'ombre" de Junichitô Tanizaki. Un délicat et chaleureux hommage à la culture ancienne du Japon, description de sombres et mystérieux intérieurs éclairés à la chandelle, mettant en valeur avec sobriété  ors et  laques. Et je me suis dit que Rembrandt, dans un tout autre état d'esprit, faisait lui aussi, dans ses toiles, l'éloge de l'ombre. 


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  •    Pour le salon du livre et du citoyen, la Ligue des Droits de l’Homme du pays royannais avait invité le poète breton Yvon Le Men.

       Il a fait lecture, accompagné d’un joueur de luth, de « Les rumeurs de Babel ». Une œuvre magnifique écrite lorsqu’il s’est installé en résidence dans un quartier défavorisé de Rennes. Il en a reçu non seulement tous les bruits, mais aussi des confidences d’habitants, avec empathie et détachement, une pointe d’humour, variant les angles de vues et de réflexion. Dans un langage simple, vivant, rythmé - et volontairement une pointe d’accent breton, qui fait chanter ce long et sombre poème. Avec de belles illustrations d’Emmanuel Lepage, qui est aussi auteur réputé de bandes dessinées.

    Une soirée émouvante et enrichissante avec un grand poète.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Yvon_Le_Men

    http://www.printempsdespoetes.com/index.php?url=poetheque/poetes_fiche.php&cle=330


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  • Un beau conte méditatif sur la vie, qui fait la part belle au silence. Peut-on vraiment parler de dessin animé, tant cette expression est chargée de clichés? Tout y est délicat, les couleurs, l'évocation des sentiments et de notre part animale...

    http://www.telerama.fr/festival-de-cannes/2016/cannes-2016-la-tortue-rouge-de-michael-dudok-de-wit-un-somptueux-conte-ecolo-cosigne-ghibli,142682.php


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    FR3 a diffusé samedi 28 Mai la pièce de Molière enregistrée au théâtre de la criée à Marseille, avec une mise en scène de Macha Makéieff. Un régal - mise en scène, décors, jeu des acteurs, humour (on croit même entrevoir Fabrice Luchini et Philippe Noiret, en plus de Conchita Wurst). C'est toujours d'actualité. Jusqu'à la musique qui accompagne discrètement,  cet air que j'adore: "one charming night". On dirait que Purcell l'a écrit tout exprès pour Molière. On peut le voir en replay encore 3 jours, là:
     
     
     

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  • Pour compléter la collection de falaises que nous offre Jeanne, voici une de celles qui bordent les plages, chez moi, et le texte, écrit en 2011, inspiré par cet endroit magique:

     FALAISE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Falaise aux colonnes sans métopes,

    Striée de rides et de méplats,

    J’ai écouté battre ton cœur

    A tous ces petits orifices ronds,

    Profonds

    Comme des conduits auditifs.

    Il était silencieux

    Mais de l’eau vive s’écoulait

    Fraîche et pure, chantante,

    De cette source comme un sexe de femme,

    S’écoulait dans le sable -

    Inflorescences bues.

    Aux aisselles lui poussent des buissons.

    Un mamelon grêlé

    Émerge hors du sable.

    Parfois de l’eau suintante lui fait la peau lustrée,

    Ou le grain sec et chaud quand la roche est foncée :

    Rouilles, bruns, ardoise, anthracite,

    Ou claire et presque froide :

    Crème, beiges, ou gris bleutés.

    Teintures végétales

    Pour des phanères ensoleillés :

    Vert pré, vert épinard, vert mousse -

    Quelle étrange sororité je sens

    Entre la roche et l’être humain.

     

     


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  • JANVIER 2014  3

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Feu éteint. Que des cendres.

    A l'Est des braises couvent sous le ciel.

    Pour quelles flambées, quels incendies?

    Ou quels déluges?


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