• LE TEMPS PASSE

    Je n'admire tant la Lune

    que depuis que je sais qu'en arabe

    elle s'appelle QMR

    La lune joue sur l'enfance plane en des vagues qui se résorbent dans les feuilles des arbres cerceau subtil et lourd pâte d'éternité

    Un soldat s'immobilise au chant du hibou au cristal frappé du crapaud La lune chante les herbes pures du sommeil qui s'ignore

    Les rats dansent dans les villes Les gares se taisent et se taisent aussi ceux qui hurlent la nuit ceux qui geignent dans le silence

    La mémoire s'étend jusqu'au passé des autres Hypocrite érudit tu ne pleureras plus

    dispersé en toi-même

    nrf Gallimard


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  • Le compte rendu des échanges autour de cette question est à lire ici:

    http://5-a-7-philo-royan.eklablog.com/peut-on-etre-lucide-c29889502


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  • Elle est là, distorte

    Cette douleur qui fore frotte gratte.

    Cœur arraché

    Corps encore.

    Il n’y a ni lieu ni frontière

    Juste sortie de fondrière

    Fil ténu peut casser

    - Parfois se rebobine.


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  • LEROT

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Lorsque j'ai voulu enfiler mes après-skis, bien venus par ces froidures passées, j'ai senti au fond quelque chose de grif'poilu: ce charmant lérot, cousin du loir, avait trouvé un hôtel de luxe pour son hiver. Je l'ai remis au chaud - dans un hébergement déclassé... Est-ce lui qui cueille les dernières amandes restées sur l'arbre, les coince astucieusement dans un creux du vieux pommier pour les ouvrir plus facilement? le sol est jonché d'éclats de coquilles.

    Cela m'a rappelé cette charmante berceuse de Simone Ratel:

    Bien au creux, bien au chaud
    Mon gras mon doux mon beau
    Poil luisant pattes fines
    Mon petit loir dort
    Dort et dîne
    Dîne et dort
    Un petit loir qui dort
    Dort et dîne
    Dîne et dort

    Voici l'hiver venu
    Les petits rats tout nus
    Nichent dans la farine
    Mon petit loir dort
    Aux arbres du verger
    Bois sec noyaux rongés
    Le vent chante famine
    Mon petit loir dort


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  • La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur,

    Un rond de danse et de douceur,

    Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,

    Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu

    C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.

     

    Feuilles de jour et mousse de rosée,

    Roseaux du vent, sourires parfumés,

    Ailes couvrant le monde de lumière,

    Bateaux chargés du ciel et de la mer,

    Chasseurs des bruits et sources de couleurs

     

    Parfums éclos d’une couvée d’aurores

    Qui gît toujours sur la paille des astres,

    Comme le jour dépend de l’innocence

    Le monde entier dépend de tes yeux purs

    Et tout ton sang coule dans leurs regards.


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  • Un nouveau compte rendu de notre café philo est à lire ici:

    http://5-a-7-philo-royan.eklablog.com/depend-t-il-de-nous-d-etre-heureux-c29727704


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  • GEL

     Un grand coup du gel

    les mimosas fleuris pleurent

    violence hivernale


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  • J’aime beaucoup Victor Segalen, sa personnalité complexe, sa sensibilité profonde. Je suis en train de le relire, par périodes, et ma connaissance de ce grand poète vient d’être enrichie grâce à deux très beaux livres : « Le désir ultramarin » de Michel Onfray, paru récemment, qui livre ses pensées sur Segalen en Polynésie, et « L’un vers l’autre » de François Cheng qui rencontre le poète allé vers la Chine quand lui-même l’a quittée pour la France. De belles nourritures.


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  • Le compte-rendu des échanges autour de cette question, posée au mois d'Octobre, est à lire sur le blog du café 5 à 7 Philo:

    http://5-a-7-philo-royan.eklablog.com/que-signifie-respecter-autrui-c29686790


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  • Si réfléchir

    C’était fléchir encore

    Accepter de ployer

    En les examinant

    Nos raideurs spirituelles

    Les assouplir à neuf ?

     

    Je vous souhaite une année 2018 riche de réflexions.


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