• Et aussi, amis Croqueurs de mots, ce petit texte pour rectifier mon image.

     

    Croyez pas que je sois poivrote

    Je ne me saoûle que de mots

    Si parfois je bois un peu trop

    C'est du bon thé: je le sirote.

     

     

    ~~

     

    Comme dans les déplis d'une aurore boréale

    Mai cette année chatoie.

    Opulence de fleurs , parfums qui nous régalent:

    Tous nos sens en émoi.


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  • L’hiver affûte

    La lame aigüe du gel.

    Le vent percole

    L’aile vive du froid.

    Pris de frissons

    Figés, le figuier tremble.

     


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  • On vient de m'offrir un tout petit brin de mimosa, éclos malgré le gel passé. Je vous offre, amis de "Croqueurs de mots", deux poèmes écrits l'an dernier, alors que les mimosas étaient dans leur splendeur.

    « Mimosa » - 1

     

    Mimi osa parler au mime

    Qui mima un somme.

    Elle fit une drôle de mine,

    Il lui offrit du mimosa.

     

    « Mimosa » - 2

    (à la manière de Francis Ponge)

     

    Déjà, deux M pour se faire des mimis,

    Pour finir sur un A extatique :

    Tout un programme.

    Que veut-il mimer, ce discret

    Qui ose fleurir en plein hiver ?

    Fleurir ? Exploser plutôt,

    Nous éclabousser de son jaune presque acide,

    Nous éclabousser de parfum indécent

    En cette saison frigide.

     


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  • Variations sur le froid.

     

    Le froid cru a fixé

    Sur la neige

    Les pustules blanches de la grêle.

     

    Eruption cutanée,

    Varicelle blanche et glacée

    De grêle, sur la neige.

     

    Froid. Resserrement de glace.

    Vénéneuse sclérose d’angoisse.

    Tout est dur, sec et cassant.

    Attente. Espoir de changement.


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  •  

    La brocante mouillée

    Les parasols s'égouttent.

    Les cartons ramollis se vident par le fond

    Et les rares passants levant leur parapluie

    Pataugent

    Comme dans un film de Jacques Tati.

     Ce serait: "Jour de pluie"

     

     

      Pour pouvoir jouer au mikado

    Avec les feuilles de la vigne-vierge,

    Le vent en arrache les limbes

    Qui tombent en rouges tourbillons.

    Les pétioles restent accrochés,

    Fourrure rose sur le mur

    Qui ressemble à un hérisson.

    Et puis eux aussi se détachent,

    Et le vent joue au mikado.

     

     

    [25 août] 

    Je crains qu'il ne lance sa foudre,

    Jupiter, que j'ai pris pour Mars;

    Et même si je n'ai rien à perdre

    J'aimerais mieux ne pas en découdre 

    Avec les étoiles du soir.

     

     

    La météo comme mon cœur :

    L’angoisse le serre, et l’habite en sourdine

    Comme un continuo.

    Le soleil, lavé par la pluie, me fait sourire à nouveau.

    Allégresse, teintée de tristesse.

    Sehnsucht, saudade, mélancolie…

     

     

     

    Un coulis de vent frais

    A nappé

    Des colonnes de nuages en transhumance.

     

     

     

    Un vent de cleptres,

    Un vent qui court

    Sur les chaumes et les pailles.

    Un chant de cleptres,

    Sonnailles sèches.

     

     

    Bain de mer

    Chemin de fer

     Un goût amer

    L'été se perd.

     

     

    L’averse a mouillé le sol

    - Souille traversée d’eau sale –

    - Et, versatile, a molli en vol.

     

     

     

    Juillet met du vert dans son jaune.

    Ver luisant, gouttes au soleil naissant,

    Juillet se vautre dans les gemmes.

     

     

    [7 octobre 2009]

    Ces grands souffles d'air chaud,

    Pour nourrir quelles peurs,

    Quels fantasmes nouveaux?

    Culpabilités vaines.

     

     

    Soir après le jour: étoiles et planètes.

     Matin avant le jour: vers luisants.

     

     

     

    Bleu, ventre sans faim,

    Trou noir vorace,

    Gouffre d’infinis.

     

     

      Bleu dense, profond, minéral,

    Leurre de liberté,

    Matière épaisse, chaleur abyssale.

     

     

     

    Juin est bleu.

    Bleu. C’est de la matière

    Impalpable d’un ciel léger, volatile,

    Emulsionné par le vent.

     

     

     

     

    Bleu poudreux, crayeux, leurre de blancheur.

    Bleu pastel, volatile.

    Bleu qui vrille dans l’oreille ;

    Bleu léger de papillon.

     

     

     

    Avec la bise voici la grêle

    Et ça éloise : où sont les berges ?

    On se perd grave et l’on gamberge.

    Revient la brise avec la frime.

    Que fait la grive dans les framboises ?

     

     

     

    Mais Mai…

    Mais mettre du blanc dans le vert,

    Du blanc dans le verre,

    Un p’tit blanc au comptoir,

    J’aime pas compter,

    J’préfère le rouge.

    Mais Mai…

    Mettre un peu de blanc dans le rouge.

    Mai est rose.

     

     

    Bourrasques et sanglots

    Foutraques, soubresauts.

    Le vent qui secoue tout

    Comme un fou.

     

     

      Avril se dilue, aquarelle noyée ;

    Dénouées, ligatures mentales ;

    Lavés, résidus mémoriels :

    Accueillir Mai, état de grâce ?

     

     

     

     

     

     

    Secouer délicatement 

    Du bout des doigts la poussière 

    La poussière d'aurore boréale.

     

     

     

    Le froid est une sombre prison,

    Une gangue épaisse que seul

    Un rayon d’air plus doux peut dissoudre.

     

     

     

    A nuit noire

    Lune ronde :

    Ainsi va le monde.

     

     

     

     

    Aujourd’hui Ste. Angèle,

    Belle ange avec une aile,

    Il y a un an que l’on gèle.

    Elegna dans ses langes.

    Et son leg? gelé, na!

     

     

    Qu’est donc cette boule de terre

    Absurde

    Lancée comme boule de neige

    A travers l’univers ?

     

     

     

    En hiver, comme c’est étrange

    Glace rime avec mésanges

    Tristesse avec félicité.

    En hiver comme c’est étrange

    Rien n’est sûr, tout est fumée.

     

     

     

     

    Froid cru de la nuit

    Pétillante d’étoiles.

     

     

     

     

    Entre les parenthèses

    D’un coucher de soleil rougeoyant

    Et son lever comme un rubis :

    Nuit nacrée de lune amoindrie.

     

     

     

     

    Dans la nuit bleue

    Ciel floconneux :

    Un œil de lune.

     

     

    Quand le vent entre en transe

    Le fanal se balance

    Nuit de démence.


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