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    Un vent fort et tiède s’est glissé.

    Par mon col ouvert

    Descendu le long de mon dos,

    Et sur mes flancs, délicieusement.

    Vent, je t’aurais bien pris comme amant.


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    En Octobre, je voudrais faire rimer cinabre

    Avec ambre, avec ocres ; avec des saveurs denses.

    Une envie de marcher dans la forêt. Les arbres

    Me sont frères. De l’humus monte un parfum : naissances.

     

    Octobre, je voudrais faire rimer de l’ambre

    Avec le grain des glands, avec les bogues rousses.

    L’écorce est rêche sous mes doigts, ou douce. Mais l’ombre,

    Protectrice, inquiétante : le plaisir et la frousse.

     

    Octobre, hélas, tu rimes avec rimmel qui coule,

    Parce qu’il a plu, parce que je pleure chaque jour.

    Tes grands vents ont soufflé la mèche de l’amour.

    Elle fume encore chaque matin de brume. La houle

     

    Dans les houppiers détache une par une des feuilles.

    On dirait le duvet de grands oiseaux nocturnes.

    Octobre, j’ai envie de chausser des cothurnes,

    Me parer de grelots, Polichinelle fille,

     

    Et faire la folle, Octobre, une dernière fois

    Avant qu’emmitouflée au coin du feu, je veille

    En me brûlant les doigts aux marrons que l’on grille.


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    Une falaise ocre creusée d’ombres.

    Au dessus, des pins, parasol et maritimes.

    Des chênes verts.

    Au pli avec la plage de grands platanes.

    A peine roux.

    Il n’y a pas d’oiseaux de mer,

    Des enfants piaillent. 

    Une petite vague brise élégamment

    Laissant quelques remous.

    Sable et mica.


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    Je n’ai pas d’arbre aux mille écus

    Qui donne, Septembre venu,

    De quoi mettre dans mes sabots

    Quel imaginaire magot ?

     

    Je n’ai pas d’arbre aux mille écus

    Mais un beau figuier bien couillu

    Dont il faut tâter, ô Septembre

    Les bourses gonflées sans encombre

    Pour en cueillir les plus charnues.

     

    J’ai un beau figuier bien couillu

    Sous lequel, Septembre venu,

    Il ne faut pas se mettre à l’ombre.

    Ne pas  rester là, sous cet arbre,

    Car des testicules flaccides

    En tombent, comme pluies acides.

    C’est scabreux, Septembre venu,

    D’approcher le figuier couillu.


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    Qui es-tu donc, mois d’Août, avec ton opulence ?

    Tes plages submergées, marées de foules avides

    Qui fluent et qui refluent comme un humain liquide ;

    Avec l’odeur des crèmes, passées en abondance,

     

    On ne sent plus la mer. Que des odeurs putrides.

    Où allons-nous, mois d’Août, avec cette croyance

    Qu’un bonheur frelaté comble nos espérances?

    Et encore tes orages, et ta chaleur torride ;

     

    Voici tes fruits mûris, tes guêpes-alors prudence !

    On a le nez levé vers les astéroïdes

    Griffant soudain la nuit, éveillant nos consciences

    De leurs messages venus des Perséides.

     

    Qui es-tu donc mois d’Août pour que j’aie tant souffrance

    A écrire ce rondeau dépourvu d’élégance ?

    Tu es riche, mois d’Août, et je reste stupide.


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       Mercredi, jour blanc, jour bleu, jour léger

       Jeudi lourd des souvenirs enfouis

       Vendredi danse d'un pied sur l'autre, il est entre-deux, lisière

       Samedi nait dans les feuilles des livres, et s'épuise dans celles des arbres

       Dimanche très libre, très flottant; là le rêve s'épanche

       Lundi comme une petite roue dentée qui se met en marche

       Mardi sérieux va son chemin - petit cheval.

     


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    Le ciel à l’aube était doré.

    Et l’air calme était frais encore,

    Les oiseaux sur le fil posés

    Pépiaient, saluant l’aurore.

     

    Première tomate, un trésor,

    Premiers haricots récoltés,

    Le ciel à l’aube irradiait d’or

    Avec un vent d’Est tôt levé.

     

    Il pleut des prunes : C’est l’été.

    Les poissons nagent sans effort

     Le nénuphar a bien poussé.

    Le ciel à l’aube était doré.

    L’air léger était frais encore.


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    Tu es tout sec, Juin, cette année.

    Avril et Mai l’étaient aussi.

    Les cultivateurs sont marris,

    Il n’y a pas eu une ondée.

     

    Les roses sont déjà fanées,

    Marais à sec et prés jaunis,

    Tu es tout sec, Juin, cette année,

    Et les oiseaux ont la pépie.

     

    Nucléaire et ses retombées

    Ou printemps noir en Arabie,

    Quand nos erreurs seront payées ?

    En avons-nous vraiment souci ?

    Tu es bien sec, Juin, cette année.

    Avril et Mai l’étaient aussi.


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    Voici l’élégant mois d’Avril,

    D’arbres en fleurs emperruqué,

    Pétales blancs vite envolés

    Avec leur parfum volatil.

     

    Voici l’élégant mois d’Avril.

    Le soleil est en majesté,

    Aveuglant et soudain voilé :

    Gare à l’averse de grésil.

     

    Ne te découvre pas d’un fil

    Pour peindre ses verts nuancés,

    Du délicat au plus foncé.

    Ne te découvre pas d’un fil

    Pour accueillir le mois d’Avril.


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  • Rondeau de printemps  (rien à voir avec rouleau de printemps)

     

    Quand le bel endormi s’éveille,

    Soucis, jonquilles et pâquerettes,

    Prunus, capiteuses violettes

    Ouvrent des yeux qui m’émerveillent.

     

    Les frais pissenlits font salade

    Les oiseaux chantent sur la treille.

    Dès que l’endormi se réveille

    La muse incite à la balade.

     

    Mais que cet endormi s’éveille

    Et les poules nuit et jour caquètent,

    L’herbe pousse, les tondeuses hoquètent,

    Les tracteurs font fuir le poète.

    Ciel, le bel endormi s’éveille !


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