Les nuages ont vêlé la lune entre leurs mains. Le vent a malaxé comme une pâte à pain Des cumulus tout ronds qui ont levé : orage. La pluie a mitraillé les feuilles; carnage.
Dernière pansélène, Haut dans la nuit, auréolée. Me cueille ce matin, très basse, D’un œil grand ouvert chaleureux et lucide Sous sa paupière de nuages, Avant de s’abîmer à l’ouest. Avec l' Occident qui s’effondre.
Froid. Bloc minéral Dont le vent fait des aiguilles Qui percent à coeur.
Au ventre soyeux D’un ciel poudré de brume Le nombril lumineux D’un lever de lune. Ce matin, lever de soleil dont l'éclat était si tamisé qu'on aurait dit la lune. Et justement, j'avais besoin de la lune, pour, non vraiment la rime, mais presque.
Après éclats, fumées, pétards, fusées, Tôt matin partager, Cœur orant, Le croissant de Lune Avec Jupiter et Vénus. (17 Juillet, 6h)
Les risées noircissent l'eau. Sur l’orge vert doré nimbé de pourpre, Elles sont plus pâles.
Foins roulés Grandes bobines éparpillées. Cigogneaux grandis Debout sur le nid.
Etre un regard Etre un sourire Une exigence Une indulgence Etre un fluide Une évanescence Etre une présence Une émergence Une dissidence Etre ses failles Vaille que vaille Et ses faiblesses Sans mollesse Etre une vigilance
Assise, équilibré d'abord L'occiput avec le menton. Puis gardé les yeux clos Pour écouter l’instant. Des grains de pluie filtraient à travers mes paupières Quand un lac de lumière me caressa la peau.
La coque, inclinée, trace sa route. Être là. Mer calme, et tout ce ciel. J’appartiens au monde. Sillage qui s’efface.
Ils sont frères, quasi jumeaux, par leur philosophie. Le yoga, serait art du vivre, Et le bouddhisme art du mourir.
Ce matin deux yeux dans le ciel. Saturne et Spica. La carte du ciel me les a nommés.
J’ai le printemps qui chante : L’appel lancinant de la huppe Annonce celui du coucou, Et l’envolée de l’alouette Le sifflet du merle moqueur.
Ces petits cumulus, Non plus des tavelures, Mais taches de rousseur. Blanches. Le ciel a rajeuni.
Incantations muettes A deux choucas bavards ? Platanes implorants.
Sous le soleil oblique Le blé, déjà levé Dans le champ vallonné, A l’air du green d’un golf Parfaitement peigné.
Ligne de grains Chevelures dénouées Chevauchées échevelées Pluie pulvérisée Harnachée aux chevaux du vent Houppettes toupets clinquants Flaques retroussent Claques éclaboussent Syncopes. Souffle coupé.
Un cheval noir au bord de l’eau Une troupe de bernaches s’envole De petits paquets d’algues colorées Parmi des méduses échouées.
Les muscaris hissent leur toupet A tout prix au dessus des herbes -Se prennent pour têtes couronnées ? Sceptre d’or droit tenu L’iris Monarque au marais. Neige mousseuse, Flocons de chaleur Ou pleurs de peupliers ?
Au détour du chemin Incendie vaporeux de coquelicots. Presque une illusion.
Etat de vibration sensible, Calme vivant, offrant rencontre intime Avec l’objet choisi.
Dans le temps déplié La faucille de lune Moissonne les comètes. Dans le repli du temps Quelque chose qui veille; Un lien qui tout retient. Dans le temps chiffonné L'effroi éparpillé, Quelque chose qui veille Et qui moissonne en moi La queue de la com...
S implement s’asseoir. Simplement. I nterroger l’écoute. Subtilement. L aisser le temps s’écouler. Lentement. É largir son monde intérieur. Amplement. N ourrir de sensations. Généreusement. C onscience de soi. Pleinement. É couter le sourire qui nait....
Comme Une araignée Je me balance au bout Du fil frêle de la vie.
Une falaise ocre creusée d’ombres. Au dessus, des pins, parasol et maritimes. Des chênes verts. Au pli avec la plage de grands platanes. A peine roux. Il n’y a pas d’oiseaux de mer, Des enfants piaillent. Une petite vague brise élégamment Laissant quelques...