Le vent à grand coups de dents croque De gros nuages équivoques Et la pluie à grandes lampées Lave l’atmosphère essorée La vie à grand appétit broute Pendant qu’approche la déroute.
Là-haut la lune est, ce matin, Comme estompée, Auréolée d’une poudre de riz dorée. Au sol les plaques de neige lui renvoient Une blancheur blafarde de Pierrot.
Ma charmante voisine Nommée Tricôtine A bravé la mer et les flots Pour venir mettre un petit mot Dans un recoin de ma cuisine. Est repartie sous la pluie fine.
J’ai passé des fleuves côtiers Aux rives emblavées, De la Seudre au Blavet, Vers le Nord. A l’O Rien que nouveau.
Tournesols. D’un unique œil étonné Aspirant au soleil. Sont –ils la nuit Charbonneux Comme des Odilon Redon ?
Après le temps posé de la méditation, A l’âme cœur Une fontaine de joie tranquille.
Méditation Entrée dans le calme. Ne se trouble pas. Immersion mentale. Esprit grand offert. Quel est ce mystère ?
Écoute. Écoute la mer et le ressac. Apprend le chant des signes Immémoriaux et éphémères. Signes de sable et d’algues ; De racines, de feuilles sèches Bruissant. Signes de joie. Reçoit.
L’instant, Emporté comme un fil de la vierge Par le courant du temps.
Vent de galerne. La feuille morte, au sol tombée S’est soudain envolée. De tourbillons en vols planés Elle s’est accrochée Au bout d’une branche dénudée.
25 Mai. Le marais au matin : Fraîcheur des églantines Avant coup de chaleur !
Eclat de beauté, Tranchant qui blesse. Eclat de clairvoyance, Tranchant qui perce. Beauté. Un éclat Qui transperce Et marque à jamais.
J'ai traversé la nuit J'ai transgressé l'offrande Déchiré l'immanence J'ai soufflé sur la cendre Et j'ai vu poudroyer des reflets de soleil Une braise a brillé dans tout mon désespoir L'au-delà infini était tapi en moi.
Certitudes, Pensées fossilisées, Chrysalides momifiées; Certitudes, Sensibilités calcifiées, Émotions sacrifiées; Certitudes, Châteaux forts, Armures scellées.
Sur la diagonale noire de la nuit Courent les volutes des rêves. Sur l’épigastre de la nuit S’ancrent les crocs du cauchemar. Entre eux, comme un ludion, la conscience Affleure et puis sombre. Cela se rompt, et l’on s’éveille.
in partibus D’un pas lourd de ptérodactyle J’ai su danser un anapeste. Mes griffes n’étant pas rétractiles J’ai troché dans l’iambe. Peste ! Le dactyle alla l’amble.
In partibus Où sont les coquelicots d’antan ? L’émir se mire dans la mare Du sang des orange outans Qui croulent de cimes en semoule Barbapapa d’ayatollah Où sont les coquelicots d’antan ?
Après-midi ensoleillée. Tout est chaud, calme Et tronçonneuses.
Les feuilles d’iris d’eau Dardent leurs épées Fières; molles. Vol maladroit d’une coccinelle. Qui manie La télécommande ?
Au platin calcaire vérolé de multiples trous, Balafré de profondes entailles rectilignes, Succède la nacre blanche des coquilles d’huîtres Qui peu à peu s’effrite : du sable.
Les sourcils arqués de l’étonnement Ont mis un sourire sur les lèvres, Et le cœur s’est ouvert à d’autres cantilènes.
Grosses perles bouffantes Enfilées dans le ciel, Un train de cumulus.
Peut-on en aiguisant sa sensibilité Trouver en soi l’éclat ? Brisure nette, source de joie aux confins du bonheur. Eclat serti à l’intérieur. Peut-on, en affinant sa sensibilité Trouver beautés en menues choses ? Eclat et modeste attention. Méditation...
Dans la ville arrogante, De piteux palmiers importés Parqués comme des immigrés Dans leurs bacs : gelés.
Au poulpe écartelé, La douleur octuplée, Deux cents valvules déployées, - Sensibilité crucifiée ? Sous les fourches caudines de la mort Passe la vie. Le poulpe épanoui Ses huit pétales déployés S’interroge-t-il aussi ?