J’ai pris mon dail Fauché orties et hautes herbes Et toi grande Faucheuse Comment feras-tu choir mon andain ?
in partibus Grimper jusqu’à la mort En s’arrachant les ongles Aux parois de la vie. Couler jusqu’à la mort En ayant perdu pied Dans le fleuve de vie. Nourrir jusqu’à la fin La flamme de la vie Pour l’étreindre soi-même Avec son dernier souffle.
Les dés dans les champs sont pipés. Sur le tapis doré Ils sont ronds sans rouler. (Les rouleaux de paille après la moisson)
Un champ labouré fume. La route m'éblouit. Où va la brume, C'est quoi la vie?
Mise à nu. Effeuillage radical. Jusqu’à l’épure.
Pour "Textoésie et vous" de Suzâme: Rien. Rien à l’intérieur de l’instant Que cet équilibre émouvant Entre ce qui fut Et ce qui n’est pas encore advenu.
La pendule bat la seconde Ciel pommelé – tirs de canon ? Le bonheur ou la déraison Coulent. Et tout ce sang Versé. Démences. Oh ! Ces cris Par longues lunaisons. Oh ! Cette douleur, ces frissons.
En réponse au texte de Suzâme: Dans un monde éteint Un seul regard peut Comme d'une faille Faire briller l'âme.
Tomberaient de l'arbre de la crémation Des massepains glacés d'effroi Qu'on réchaufferait dans ses mains Pour les sûrir D'un sourire A siffler un clapotis de lune.
Amis Croqueurs, pour ce Jeudi un poème que j'aime bien: Ce qui a le moins vieilli en moi c’est ma jeunesse, disait-il. Et il escaladait l’échelle qu’il avait appuyée à rien pour aller marier une girouette au vent. Jean-François Mathé , Agrandissement...
Pour Fanfan, un poème d'hiver de Tomas Tranströmer: « Au milieu de l’hiver » Une lumière blême jaillit de mes habits. Solstice d’hiver. Des tambourins de glace cliquetante. Je ferme les yeux. Il y a un monde muet il y a une fissure où les morts passent...
Âme pélagique Attachée à rien. Libre pensée ?
Dévoilée d’impudeur Face à la mer, je rêve De tenir encore la barre douce Et chaude, d’un voilier. D’ entrouvrir l’écoutille de ma goélette, Vers mystérieuses profondeurs.
in partibus Je n’aime pas les rimes en esse. Il y a là trop de mollesse. En guise de chute de reins, tombé de fesses. Alors surtout pas poétesse.
in partibus Sombres émulsions D'émotions. Velours poignant d'un pessimisme Frangé de rires. Ombres inquiétantes et légères Comme celles d'une éclipse.
A Brunô, et tous les amis Croqueurs, j'offre ce Jeudi un poème de Michel Leiris tiré du recueil "Ondes". Marin Il faudrait pouvoir bâtir un château avec le sable qui vous glisse entre les doigts, la quasi impondérable écume et la lumière qui pénètre insidieusement...
Comme il faut tendre L’oreille Pour entendre la souffrance Tue.
Haïbun pour un matin A main droite, vers la Gironde, la brume. Un peu épaisse, un peu noire, un peu fraîche. A main gauche, côté soleil, la chaleur la soulève en paquets floculeux, légers, lumineux. Brume fouettée à chaud, Lumineux œufs à la neige : Le...
En attendant l'été On regarde passer Les météores En attendant de se baigner Dans l'eau qui tombe De l'océan. La mousson de printemps Fait lever l'houle verte Des graminées. En attendant l'été On dirait que le blé Sera l'herbe oubliée De nos vertes années....
Pour "Le coucou du haïku" (afdj) LA SOUPE, c'est une proposition de Lady Marianne. Mains enserrant le bol humer tous les parfums avant de déguster. Dans l'écuelle rustique garbure bortsch ou chinoise: les saveurs du monde. Sur table élégante assiettes...
Menthe piétinée Mûres disputées aux moineaux Gelée parfumée.
Les gousses de Bignonia ne feront plus, au vent, Leur bruit de sèches castagnettes. J’ai coupé court les tiges raides Au bout desquelles elles s’agitaient. Elles ont éclaté, répandant leurs semences Comme bruns confettis. C’était drôle, et j’ai ri.
Pour "Le coucou du haïku" ( afdj ) Après le raisin pour la soif ou sans raison: la dive bouteille. Noir sang de l'automne, lourdes grappes au goût musqué: jouissance de vampire.
Sentiment de solidarité Rechargeable avec vigueur S'il est isolé en parallèle. Solidarité, vigueur, parallèle, isolé
Prises en étau grands panneaux publicitaires: des villes-sandwich. Allez les Verts politique ou football? Voir les résultats. Frénésie d'achats: Soldes tout doit disparaître course aux étiquettes!