Feuilles rousses, or, Vertes encore. Tourbillons, Souffles de démons. Abats d’eau, grains, bourrasques, Reflets brouillés dans les flaques. Branches noires, troncs humides Egouts putrides. Marais gorgés Brumes, nuées. Quiétude, repli sur soi ; Feu de...
Sous la lune, Chemin de nacre Humide et froid.
Voici que tu t’avances, septième pansélène, Précédée de tonnerres et de brillants éclairs, Puis voici des pétards et des feux d’artifices. Et toi. Calme, nimbée d’un souverain silence.
Etrange vraiment: Lune et soleil Parfaitement pareils Et si contraires évidemment.
Amie tourterelle Perchée sur la cheminée Tu roucoules. Et moi, assise Auprès de l’âtre froid - C’est l’Août – Je reçois comme un lait Ton chant qui coule Si doucement voluptueux.
Dans leur élan vers la hauteur Les haricots à rame ont coiffé le rosier Qui grimpe à leur côté. Sais-tu, huitième pansélène, Quel fruit naîtra de leur union ? Bouquet de haricots ou roses à manger ?
Le soleil du matin déjà fort Éclaire la lune haute encore. Elle a l’air d’une cage en dentelle Cherchant à retenir le ciel. On ne la verra plus bientôt. N'y est venu aucun oiseau.
Le soir, haute et blanche dans le ciel, Jupiter comme un grain de beauté : la Lune. Vers l’ouest, au matin, plus basse, Plus grosse, comme alourdie d’or rouge.
Coup de scalpel du vent Un accroc dans la brume : Eclaircie.
Biens droits, peupliers nus - Toutes leurs feuilles ont chu - De ce seul parfum vêtus.
La lune à demi Projecteur froid dans ciel clair. Nouveau matin.
A la troisième pansélène J’ai vu rose dans le ciel gris-bleu Séléné se lever, insolente évidence. J’ai vu son œil rond de cyclope Se recouvrir d’un voile de deuil, Et puis se dévoiler Pour nous fixer De son regard impitoyable.
L’orient était couleur safran Et l’occident grondait Pour un éveil d’oiseaux.
Dans le bleu du ciel si léger, Comme moroses pensées Petits nuages: évaporés.
Moissons. A grands bruits, Odeurs. Blés mûrs et poudre. Festin des tourterelles.
Lune, tu t’étais bien cachée, Mais je t’ai vue, échevelée. Honteuse de n’être pas coiffée, Tu t’es mis un petit chapeau De nuages, comme un plumeau. Pour épouvanter les oiseaux?
Un vent fort et tiède s’est glissé. Par mon col ouvert Descendu le long de mon dos, Et sur mes flancs, délicieusement. Vent, je t’aurais bien pris comme amant.
Le soir suivant la Lune Avait dans son sillage Jupiter et Vénus éperdus.
Le vent a troussé le ciel, Soufflé ses jupons, Roulé ses volants, Dévoilé sa peau. Bleue.
Dans la chaleur sèche Une bulle d’air brûlant s’élève En tourbillon. Très haut des cigognes planent, en rond.
L’homme à l’orgue de Barbarie Surveille les passants, Œil de la rue. L’homme à l’orgue de Barbarie Est parti à ma vue D’un grand rire fracassant.
Sous vaste ciel Nuit auréolée d’orages Brèves averses.
A la minuit Je suis sortie Pour te voir, Dans le noir. Pas de tournelunes Poussées à la brune. Tu gobais de petits nuages, Meringues sauvages.
Feuilles arrachées Par la pluie crucifiées. Pointe un bourgeon !
Arbre dépouillé Aux fleurs d’étourneaux noirs : Crépuscule hivernal.