Le ciel. Bleu tavelé de blanc. Des risées. Frissonnements sur le blé vert. A terre, Le nid pillé des rouges queues.
Je ne suis pas ce que je suis : Juste un mot dit, un geste fait Et toc on met une étiquette. Je ne sais pas ce que je suis, Par tant de non-dits traversés, Des images qui se projettent. Je crois sentir ce que je suis, Intuitions et doutes mêlés, Quelque...
Au jardin du bien et du mal Que les herbes folles mènent le bal. Qu'elles nous égarent. Pas de fanal. Eviter les sentiers trop lisses, Les extrêmes parés d'artifices Et de réflexions réductrices. Comment trancher le noeud gordien Qui joint par son terrible...
Avenue de la nuit bordée de lourds fantômes. Des effrois à venir, contre ceux du passé. Tâtonner à l’aveugle, cesser de se cogner Aux parois entêtantes de l’être inachevé.
Flotter au bord du rêve. A la lisière du sommeil. Les démons sont des muses. Ne faudrait pas bouger. Juste écrire.
A la tienne Eglantine ! Moque du matin Réchauffe les mains De moi je me moque. Rêver est vain. Un verre de bon vin De moi je me moque Et je le déguste: Rêver fait du bien.
Ne suis pas arbre. Pas de racines. Suis pas oiseau. N’ai de bec. Suis vivante. Comme un arbre, respire. Veux être oiseau peur de voler. Peur. Peur. Peur. Pouvoir d’un trait De plume Biffer la cage Biffer la toile de radicelles Qui m’emprisonnent. Suis...
Sur le fond Poulpe écartelé. Chaque tentacule épinglé Par l’entomologiste binaire. Cœur palpitant, fragile, craintif, abandonné. Becqueté, piétiné, méprisé Par la multitude binaire.
Chat passé. Lézards équeutés.
Si mon jardin était des mots Je l’appellerais Haïku Car il ne me donne guère plus De cinq framboises Sept prunes sauvages Cinq haricots…
Les chenilles, espèces de vers, Caterpillars à poils, Ont pris le coche, ou bien le voile, Car, quoi se cache par devers La coquille Des cochenilles ?
Que Jill Bill me pardonne, je suis incorrigible, et ne peux m'empêcher d'accepter la consigne: " L'été" pour mieux la détourner! Être, avoir été ; Aligner aux hivers les étés. Et que faire du temps passé?
L’angoisse est un muscle farceur Qui joue à me pétrir le cœur, Mais de façon aléatoire. Elle joue avec mon désespoir.
Tonte d’automne dans l’archipel, Merci au dieu des petits riens Qui fait démarrer bel et bien La tondeuse d’un seul coup de ficelle.
Ronflent les fleurs d’amandier. Abeilles musiciennes Pour musique à miel.
Croque la praline Traque ta copine Braque la chopine Choque la bouline.
Quand les I eurent compris qu’à tuer les O à la naissance (ou les battre, les violer, les mutiler, les bâillonner, les voiler, les humilier), les O allaient venir à manquer, alors, ils se mirent à les élever. Comme des poules.
La discrète couleuvre Qui me visitait, Je ne l’avais pas vue depuis longtemps. Elle a laissé un signe : Lambeaux de sa mue Pour un jeu de piste.
Bon retour, Lenaïg ! Cris d’étourneaux sur les figuiers. Vols d’hirondelles zébrant l’azur. C’est le retour, ou le départ ?
J’ai tondu l’archipel, J’ai lancé des limaces. Je secoue à présent les roses. Bientôt je sucrerai les fraises.
De l'autre rive, Tricotine, Si tu avais un lance bouline, Tu pourrais tourner ton grelin Autour du moulin. Comme un deuxième Tricotin? Nounedeb. 45°34,4' N - 0°55,79' W. Altitude: 15m.
Pour Lenaïg tantôt j’ai coupé au jardin Trois feuilles de verveine et quatre brins de thym. Je n’ai pas de tilleul; de la menthe poivrée. Je t’offre ces parfums, pour tisane atypique, Et que ce soir Morphée t'emporte, chère Lenaïg.
Qu’y a-t-il donc de résilience A congruence ? Congre ruisselant Ou silure incongru, Briser plutôt la congruence Pour s’établir en résilience.
Frissonne La felouque comme un faisan Affairé, friand de faînes, Rassasié. La proue close, yeux de fennec Comme une fleur de fenugrec Fanée, toute fièvre Etanchée.
Flamme de bougie vacille, Souffle d’un monde incertain; Pendant qu’à la braise grille Une tranche de pain.