Les branches encore feuillues s’agitent en cadence, Scandant nerveusement le rythme fou du vent. La pluie dans le chéneau fait une mélodie Qui ne s’interrompt pas. Nez collé à la vitre, Je savoure à l’abri la quiétude du soir.
On entendrait le silence des oiseaux en pleurs, Ca vrombirait dans la caverne, On en aurait les ouïes flétries, Un nuage masquerait le vent, On rêverait de poésie.
Rêve. Miroir brisé, Face pâle des choses. Un amour effleuré Descend la pente aux colonnes de bois ciré. Rêve. Émotions écloses, Sentiments fécondés, Réveil émerveillé.
C’est l’odeur d’iode et de varech. Le vent, qui sèche les embruns : lèvres salées Goulument léchées. C’est l’appel.
L’hiver affûte La lame aigüe du gel. Le vent percole L’aile vive du froid. Pris de frissons Figés, le figuier tremble.
A l'Est Soleil rond comme un jaune A l'Ouest Des cumulus castellanus bourgeonnant comme blanc battu en neige. Ferme.
Plumes de vent, Les cirrus ; Ou griffures du ciel ?
Vigne vierge embrasée Pour duo de grenouilles. Derniers beaux jours?
Un vol clignotant de vanneaux S’est ouvert comme une corolle : Feu d’artifice en noir et blanc Rythmé Comme un dessin animé.
Faire des vers Au versant d’un dévers du temps. Par devers qui, luire Sans lumière et sans champ. Pour de noirs vers luisants Des mots peu reluisants Sur le versant obscur D’une cure de convers absents, Qui lisent des vers obérés Obsédés par la nuit ;...
Sur cette idée de Suzâme: Que la poésie soit semence Demain les fleurs... J'ai semé des mots Pour ne pas me perdre Et j'ai marché sur un tapis de fleurs.
Au jusant du beau temps Les altocumulus s’étalent dans le ciel Comme rides de sable.
texte ancien retrouvé. Sur la grève de la nuit La lune claire, lunule unique ; Dans les remous de ma bouche roulent Des galets de mots qui sortent, polis, râpeux, Brillants ou plats. Sous la grève de la nuit Hallali des mots non lus.
Mimosa P rise tout à coup dans ses rets, Parfum qui m’a accompagnée Flottant comme un voile.
Et à son "dé d'insouciance" Chanter, En mettant tout son cœur Dans le chœur; Et la pleine conscience Dissout les résistances.
Je ne louvoie plus guère Dans le fond du jardin : Trop d’aoûtats me font la guerre.
Eclat de printemps Après pluie: Larme de soleil.
Les feuilles de figuier Se bousculent en tombant, Lourdes comme des ivrognes, Grisées par leur chute même.
Suzâme et son "Fragment de vie d'un oiseau" m'a donné l'idée de ce texte. Merci à elle. Jailli de l’océan, Phénix souverain Pour un nouvel envol. Quand tout sera détruit Le monde renaîtra Du pinceau de Magritte.
Quel vent mauvais Au mois de Mai Jette son souffle Sur mes douleurs? Ah, que j’étouffe, Avec fureur!
Arbres abasourdis Aux branches alourdies Plombées de pluie.
Le nez dans les cerises Perchée sur l'escabeau Suis oiseau.
Que dire à présent de la pluie ? Novembre, Assoiffé de bourrasques, a plumé le figuier Mis à nu comme la mariée même. Novembre, Tranchant glacé préparant l’hiver glabre. (Novembre 2009)
Eclats de soufre Sombres noirceurs : Rideau ! Cumulonimbus Déflecteurs de lumière ? Trois soleils
Mais Mai… Mais mettre du blanc dans le vert, Du blanc dans le verre, Un p’tit blanc au comptoir, J’aime pas compter, J’préfère le rouge. Mais Mai… Mettre un peu de blanc dans le rouge. Mai est rose.