Est-ce grave d'observer le futur En position horizontale, Quand la relation, en interne Est distendue, et verticale? Grave, distendu, futur, relation, interne, observe, horizontal
Faut-il une salle obscure, Pour que l'impénétrable chemin du pêcheur Fasse le tour de l'instant. Un océan? chemin, impénétrable, océan, salle, instant, tout, pêcheur
Accueillir, occuper, ferme, demain, accord, divergence, précis. Tenir ferme tout un bouquet de divergences Pour accueillir peut-être un accord Plus ou moins précis, Et s’occuper de demain ?
Attaque,chute,coin,longue,renforce,épine,laver Si l'on attaque, C'est longue chute; Épine enfoncée comme un coin. Comment s'en laver Sans renforcer la rancœur?
Il est donné au chat La sagesse et la grâce. Faire abstraction du mythe Où noir, son séjour est l'enfer. Mythe, donné, sagesse, grâce, chat, abstraction, séjour
De quel algorithme mouvant Sort un silence déçu Par le label rouge De la peur? Algorithme, peur, rouge, mouvant, déçu, label, silence
Lumière,gens,texte,plat,vaste,autant,discrétion Sur la page, à plat, les mots du texte Alignés avec discrétion Font penser à autant de gens De par le vaste monde Qu'on ne connaîtra pas.
Ce monde est artificiel, Il est injuste et cruel. Y a-t-il un code bien réel Pour lancer un dernier appel Au partage fraternel? dernier, appel, réelle, injuste, partage, actuel, code
Dans la tête les souvenirs Flottent, entiers, sans épaisseur. Sur la scène de la vie On ne peut reculer: Envie forte d'improviser. Improviser, reculer, entier, épaisseur, forte, scène, souvenir
Comme un direct à l'estomac. Manne largement répandue Ou apanage public. C'est globalement réel. Manne, public, apanage, réel, globalement, direct
L’homme à l’orgue de Barbarie Surveille les passants, Œil de la rue. L’homme à l’orgue de Barbarie Est parti à ma vue D’un grand rire fracassant.
Dans la chaleur sèche Une bulle d’air brûlant s’élève En tourbillon. Très haut des cigognes planent, en rond.
Le vent a troussé le ciel, Soufflé ses jupons, Roulé ses volants, Dévoilé sa peau. Bleue.
Le croque-mots enterre nos peurs En dégustant des mots vengeurs. Il part en glissade sur une phrase Suce les verbes, les écrase, Slam, les déglutit d’un coup de glotte. Et nous des oreilles on sirote.
Le soir suivant la Lune Avait dans son sillage Jupiter et Vénus éperdus.
Un vent fort et tiède s’est glissé. Par mon col ouvert Descendu le long de mon dos, Et sur mes flancs, délicieusement. Vent, je t’aurais bien pris comme amant.
Lune, tu t’étais bien cachée, Mais je t’ai vue, échevelée. Honteuse de n’être pas coiffée, Tu t’es mis un petit chapeau De nuages, comme un plumeau. Pour épouvanter les oiseaux?
Moissons. A grands bruits, Odeurs. Blés mûrs et poudre. Festin des tourterelles.
Les feuilles d’iris d’eau Dardent leurs épées Fières; molles. Vol maladroit d’une coccinelle. Qui manie La télécommande ?
Au platin calcaire vérolé de multiples trous, Balafré de profondes entailles rectilignes, Succède la nacre blanche des coquilles d’huîtres Qui peu à peu s’effrite : du sable.
Dans le bleu du ciel si léger, Comme moroses pensées Petits nuages: évaporés.
L’orient était couleur safran Et l’occident grondait Pour un éveil d’oiseaux.
A la troisième pansélène J’ai vu rose dans le ciel gris-bleu Séléné se lever, insolente évidence. J’ai vu son œil rond de cyclope Se recouvrir d’un voile de deuil, Et puis se dévoiler Pour nous fixer De son regard impitoyable.
La lune à demi Projecteur froid dans ciel clair. Nouveau matin.
Si ver, Serais solitaire. Sans fugue ni raison. Glas de ma veine. Tige trop dure – sans jus. Mots tus. Pour être sage.