C’est difficile d’être un mirage. On vous prend pour une montgolfière, Vous êtes bulle de savon.
Je suis cigale et fourmi, Que la césure est imprécise ! Comme une balle de ping-pong, Je vais de ruptures en rebonds, Et s’il y a une brisure Cela permet une ouverture Où se glisse comme par malice Un imprévu, comme un pompon Qu’il faudrait attraper bien...
Quelque chose de brut, râpeux, Brouillon. De raffiné aussi. Des fulgurances, parfois audaces, Et de calmes méditations Qui apaisent un peu les angoisses. Quelque chose est là malgré tout Qui transcende l'inachèvement; Nourri peu à peu de bonheur.
Un nuage noir et sec Nuage de touffeur Quand le jus des peuples est tiré Plus rien à croire Chairs torturées A vendre ou à jeter Se croient-ils des lotus Tous ces puissants pourris Nourris de chair humaine ? Tous ces croyants si sûrs -Possesseurs du bon...
Ce Vendredi, Dans une jardinerie, J'ai acheté papyrus et nénuphar, Et sous l'oeil de la grenouille - goguenard, Pour essayer d'égaler Tricôtine, Les ai plantés, mais dans une espèce de bassine. Les trois poissons, au fond de l'eau N'ont dit mot.
Dans ce monde sourd quel cri s’élève ? Dans ce monde gourd la nuit s’achève Dans ce monde lourd la vie – on crève. Dans mon cœur lourd les pleurs s’apaisent, Dans mon cœur gourd luit une braise, Dans mon cœur sourd, un chant apaise.
La vie rompt du fil de l'étrave Le bloc inerte de l'instant. Mais les remous dans son sillage Lèvent un passé désespérant. Intranquillité, quelle épave Emporte le lit du courant?
Derrière les barreaux de l’averse, J’ai vu la verte liberté De mouettes emportées de plein gré. Pourquoi résister ? La vie s’écoule. Tu reste là mais tu t’en vas, Stèle friable émoussée par le vent. La pluie a frappé au carreau. Évade-toi.
Un poète oulipien que j'ai découvert et beaucoup aimé : Julien Marcland, à écouter ici .
Poème pour le Jeudi 17 Juin, chez les "Croqueurs de mots" Silence Lourd et dense Enserre, angoisse Silence Déploie, libère Sculpte, affirme Silence Suspension, évanescence Soi ; rien ; Silence.
Poème pour Tit’Anik Marcher sur le fil de la vie Entre raison et folie. Suivre la voie du milieu Est un chemin tortueux.
Champ profond de la nuit Labouré par le vent Pour un semis d'étoiles. Chant profond de la nuit Qui fait lever en moi L'allégresse féconde D’appartenir aussi, D’appartenir quand même A ce vertige extrême.
Savez-vous mieux que moi, lettrés et érudits, Si elle s'arrêtera, pour le héros fourbu, Cette malédiction qui l'oblige à présent A arpenter le monde, portant sur son épaule La longue pelle à grain. Qui le reconnaîtrait Lui permettrait-il bien le retour...
Un jour, au bout de mon automne Je me détacherai Comme une feuille ; dans sa chute légère.
Qu’y a-t-il dans notre peau d’homme ? Du vulgaire, du bestial, Du roc, du végétal ? Que mettre dans notre peau d’Homme ? Un peu de noblesse animale, Et pour être Homme, un idéal ?
Le monde est en anamorphoses. Il bat sur un rythme entêtant Comme un tambour inexorable. Les homothéties sont des songes. Le monde est en anamorphoses Le temps va à cris déchirants.
J'ai tondu. C'est Mer calme: herbes rasées Autour d'îles vertes.
Quel hommage à la terre De ces jonquilles, Courbées par le gel ?
Le silence serré comme un poing A mûri, âcre comme un coing Sur le plateau de l’amertume. S’y retrouver, sans le briser, Parmi des mots désorientés. Alors oser prendre la plume.
Sous le ciel grand ouvert Mon coeur serré Devant la mer étale Les poings serrés Les oreilles à l'écoute Gorge serrée Un sanglot qui remonte L'âme serrée.
Circoncision, être plus mâle ?... Excision, être plus femme ?... Décollation, être plus intégre ?… Scarification, être plus soi-même ?… Amputation, être plus véloce ?… Castration, être plus fertile ?… Epilation, être plus saint ?… Choisir, adultes, nos...
La fumée épaisse d'un feu de lierre Se tord en tresses affolées par le vent Qui souffle. De courtes rafales emportant Loin l'odeur âcre au râpeux goût de pierre.
Voici le jardin du Bien et du Mal, Du Beau et du Moche, A présent c'est le beau. Comme ma pensée traversée d'idées sauvages, De réflexions douces amères Il est foutraque, prolifique, sec Stérile et cependant foisonnant.
Quel plus ardent Feu de broussaille Ne part en fumée…
La fumée coule en nappes bleues Sur le champ de blé, Vert rutilant de soleil.