• Quel défi! Avoir ainsi la vedette!

     

    Noune Charlie

     

    Revenant de la boîte à lettre située au bout du chemin, je déchire machinalement l’emballage  plastique pudiquement opaque  qui enveloppe Charlie Hebdo. Je mets le plastique dans la poubelle (verte), et je m’asseois à la table de jardin  pour un premier coup d’œil.  Cri! C’est bien moi, ce dessin de Cabu, avec cette légende :" Non ! N…B n’a pas…" N’a pas quoi ? Et ceci : "Charlie dément l’ignoble rumeur" – Où ont-il été pêcher tout ça ? Je feuillette fébrilement, cherchant un article, une explication. Je finis par trouver un petit paragraphe sous le billet de Cavanna. Le voici :

    "Charlie dément la  rumeur persistante insinuant qu’une blogueuse mystérieusement disparue avait été mangée par un requin en tentant de battre le record de la traversée de la Mer Rouge en planche à voile. En effet, nous l’avons retrouvée errant dans le Médoc après avoir traversé l’estuaire non pas en planche à voile, mais plus prosaïquement par le bac. Elle s’était égarée en sortant du bateau. Elle a été recueillie et réconfortée par une charmante T…. qui a préféré garder l’anonymat, mais nous savons de source sûre qu’elle appartient à une confrérie de Pieds Nickelés."

    Mais où ont-il été pêcher tout ça? Je me demande si je ne devrais pas porter plainte...


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  • Hors sujet du Défi, ce texte d'un jeune poète, Aurélien Carton, dans "Esquisse d'Incertain" paru chez L'Harmattan.

    Écris à contresens

    Écoute nos silences tu entendras nos peines

    Les flocons du passé débordent de nos cœurs

    La bruine du sursis remplace notre sueur

    C’est le poison de l’aube qui coule dans nos veines

     

    Esquisse à notre égard un geste d’incertain

    Car un œil crevé traque nos mouvements

    En diluant notre sang nous créons les pigments

    Qui colorent les cernes de nos pâles lendemains

     

    Rassemble tes pensées

    Tisse ton paysage

     

    Nos ruines soutiennent encore les racines de l’espoir

    Des embruns d’encre sèche ternissent nos regards

    Nous brisons des miroirs juste pour le partage

     

    Dessine sur ton front une forêt de verre

    Où s’esclaffent les rayons d’un soleil transparent

     

    Les songes sont des sentiers

    Les siècles des instants

     

    Pour ceux dont les sanglots enfantent des rivières

     

    A l’abri du mensonge parle avec ta conscience

    Les murmures du Monde crèveront tes tympans

    Les feuilles sont déchirées et les stylos fuyants

     

    Si tu le peux encore écris à contresens 

     

     

     


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  •  

    Ce n'est pas tout à fait l'air marin.

    L’odeur d’iode  est un peu plus fade.

    Les pavots cornus dressent leurs cosses desséchées

    Près de plantes rases, mandala végétal.

    La criste marine charnue voisine avec la giroflée vert cendre.

    Des fenouils délabrés fleuris de petits escargots blancs.

    Bruit du vent dans les tamaris qu’il a sculptés

    Et dans les roseaux raidis.

    Un long clapot éclabousse les enrochements

    De son écume grise.


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  •  

    Les nuages ont vêlé la lune entre leurs mains.

    Le vent a malaxé comme une pâte à pain

    Des cumulus tout ronds qui ont levé : orage.

    La pluie a mitraillé les feuilles;  carnage.


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  •  

    In partibus

     

    La vie s’écoule goutte à goutte

    Par tous les pores,

    Ou très fort à flot continu.

    Existence en putréfaction

    De rien à rien,

    Au travers d’un inachevé,

    D’une inaptitude native.

    Rêche, âcre, tu n’es que douleur.

    Où est ta candeur imbécile,

    Où ta gauche naïveté ?

    Et où la grâce un peu fragile

    Qui parfois t’habitait ?

    Sèche, âpre, où est ta douceur ?

    Or quelque chose d’accompli malgré les brisures.

    Quelque chose qui revient de loin.

     Dans la cendre et le chagrin,

     Cherche ta douceur perdue.  


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  • in partibus

     

    La Mariée était blanche

    Cernée de croque-morts.

    La Misère était grise

    Parmi des gens très bien.

    Mariée château de sable

    Rongée par des garçons.

    Misère aveugle et muette

    Slamant sur ses savates.

    Mariée se roule, jette du sable

    Dans les yeux éteints de Misère.

    Pour quel sommeil, pour quel remords ?

    Leur sort est celé dans  la Mort.


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  • Ou la musicalité du vert-de-gris...

     

    Alitée!

    Quelle alacrité! Serais-je grippée?

    Littérature; pas de température,

    Juste fièvre du samedi soir

    Versus collutoire à déglutir

    A petits coup de glotte:

    Une musique de qualité, Muses!


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  •  

    Dans une brève flambée,

    Entendu crépiter avec les étincelles

    L’appel des petits migrateurs

    Nourris de la douceur du temps.


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  •  

    Vert de grisaille nous propose de nous délasser avec des lacets. Point n’est besoin d’être salaces.

    Lasse de lacer mes lacets, j’avais juré de les jeter à tout jamais et me balader béatement dans de bonnes baskets béantes.   Las ! Assez ! Cessez de vous gausser ! Car sans mes lacets, j’enlaçais un lampadaire. Affaire classée, je suis moins fière. Je fais la manche, sans rien à mâcher, pour racheter des lacets, ne plus craindre de me ramasser avec des baskets à ramages.


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  •  

    Le soleil du matin déjà fort

    Éclaire la lune haute encore.

    Elle a  l’air d’une cage en dentelle

    Cherchant à retenir le ciel.

    On ne la verra plus bientôt.

    N'y est venu aucun oiseau.


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